Dossier Hair Bands #1: l’histoire du Glam Metal

C’est parti pour se plonger dans cette épopée du Glamour, du Glam Metal des débuts (avec Ratt, Twisted Sister et Dokken) au Glam metal coloré de Warrant puis au Revival des années 2000 en réinventant plus ou moins les mots utilisés par les journalistes…
Je dis « Réinventer » car je vais utiliser des termes qui me sont propres (je ne suis pas d’accord avec l’idée « 1ère Vague, 2ème vague, et 3ème vague » par exemple).

I. Les racines du glam metal


Tout commence avec les premiers groupes de hard rock/metal (le trio ultime de Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple) qui seront les premiers à s’écarter du rock classique de l’époque (Beach Boys, Rolling Stones) et qui joueront plus vite, plus lourd et plus fort (mais restent blues, en vérité, ces groupes jouent juste de l’heavy blues). Les premiers groupes de Hard influenceront beaucoup les premiers groupes de Glam Metal, néanmoins, le Glam est plus ou moins la dernière génération (ou du moins l’avant-dernière) à avoir été influencée par les « Influences séminales » (en gros, Les Beatles et les Rolling Stones), le néo-metal, le rap rock, le death, le black etc.. sont plus ou moins déconnectés de ces groupes des 60s.

Parallèlement se développe le Glam Rock, qui a en fait plus influencé ces groupes avec leur look qu’avec leur style musical (mais attention, le glam rock reste important comme influence). Des groupes comme T.Rex, Sweet et Slade se sont révélés être importants dans la genèse de groupes comme Def Leppard (ils ont repris Sweet et T.Rex). tous ces groupes ont plus ou moins impacté la génération Glam Metal, mais Roxy Music et Bowie ne l’ont pas du tout influencé.

Van Halen, bien qu’arrivé tardivement (en ’78) dans l’histoire, a eu un impact monstre, si bien qu’il a influencé un nombre incroyable de groupes (BulletBoys et Steel Panther en tête) grâce à David Lee Roth, et un nombre infini de guitaristes grâce à Eddie Van Halen (qui en soit, n’était que le deuxième membre le plus important de VH). Les six premiers albums du groupe ont concentré le fun et défini comment un groupe pour faire la fête devait sonner. Des chansons comme « Unchained » et « Runnin’ With The Devil » sont une sorte de proto glam metal.

KISS, qui est probablement le groupe qui a le plus catalysé le look et le son du Glam Metal des débuts. Influencé par les Beatles et les New York Dolls, le quartet de New York a adopté un look sado-maso (ça ne vous rappelle personne le cuir noir ? W.A.S.P. et le Crüe par exemple), du maquillage à outrance , des paroles très « Cock Rock » et deux guitaristes doués pour les riffs. Sa discographie était impeccable et comprenait Alive I et Alive II (deux live mythiques), Destroyer, Rock and Roll Over, Love Gun, Kiss, et Hotter Than Hell. KISS est le deuxième groupe le plus décisif avec Aerosmith.

Aerosmith est quant à lui, le groupe préféré de tous les groupes des 80s, Slash, Nikki sixx, Sebastian Bach… On ne compte le nombre de musiciens qui ont déclaré : « Aerosmith sont mes Beatles, Rocks est mon Sgt.Pepper ». Rien à rajouter si ce n’est que Aerosmith détenait la meilleure formule au monde (et surtout, un line-up très solide) qui allait influencer tous les musiciens de 1983 à 1991.

C’est aussi à cette époque que l’on retrouve toutes les proto-power ballads : « Stairway To Heaven »(Led Zeppelin), « Changes »(Black Sabbath), « Beth » et « Hard Luck Woman »(KISS), « Home Tonight » (Aerosmith) et quelques autres dont « Love Hurts » (Nazareth).

II.L’aube du glam metal (1981-1982)


Les premiers groupes de Glam Metal se sont formés dans les années 70 (Twisted Sister s’est même formé avant KISS) mais n’ont pas eu de contrat d’enregistrement avant le début des années 80 (excepté Quiet Riot ère Randy Rhoads que je n’ai jamais écouté et Van Halen qui n’est pas du Glam Metal à proprement parler). C’est pour cela que les tout premiers albums de Glam Metal sont sortis en 1981 et 1982. On a Kix et Mötley Crüe en 1981 avec l’album éponyme de Kix et l’exceptionnel Too Fast For Love de Mötley Crüe. En 1982, c’est Twisted Sister qui sort son premier album, Under The Blade. On a également Hanoi Rocks, qui de 1981 à 1982 sortira trois albums, mais je ne compte pas Hanoi Rocks comme du Glam Metal, c’est plutôt une influence contemporaine, c’est eux les premiers à adopter ce look, et même si ils ne veulent pas croire qu’ils ont influencé le Glam Metal, ils ont été très importants (surtout pour GN’R).

Ces années-là comptent très peu d’albums, la plupart des groupes déjà formés jouent dans des clubs comme Ratt par exemple.

III. La première vague (1983-1987)


Oui, j’ai dit que je ne croyais pas à l’idée des trois vagues (vague 1 ->1983-1985,
vague 2->1986-1991, vague 3 ->2000-20XX), en fait, j’ai d’autres délimitations.

Cette première vague est selon moi constitués de groupes au son plutôt différent ayant chacun un style musical signature. Elle commence avec Metal Health, l’album merdique (Quiet Riot craint, c’est comme ça) le plus important. Qui s’est vendu à des millions et qui a imposé le Glam Metal comme un géant commercial et Shout At The Devil, de Mötley Crüe. Les groupes ayant effectué leurs débuts discographiques sont les plus importants du genre : Mötley Crüe, Ratt, Dokken, Twisted Sister, Bon Jovi, Great White, Winger, Cinderella, Tesla, Poison, W.A.S.P., KIX, Faster Pussycat, Guns N’Roses (c’est pas du Glam Metal, mais plutôt du Sleaze, même si leur célébrité les rend « sans-étiquette »).

Chacun de ses groupes a un son qui leur est très propre (voilà pourquoi j’ai volontairement écarté White Lion, Y&T, Hurricane et quelques autres de ma liste). Dokken fait du Heavy Metal mélangé à du Glam Metal et du AOR, Tesla est Glam Metal blues, Cinderella est très Glam Metal blues, Twisted Sister mélange des hymnes et des morceaux lourds, Ratt est Ratt N’ Roll, WASP est plus Shock Glam Metal, Faster Pussycat est Sleaze Metal, KIX est quant à lui LE groupe qui a montré à quoi devait ressembler et sonner un groupe de Glam Metal sans originalité (ce n’est pas péjoratif).

Les groupes de cette vague sont, pour la plupart, plus connus (ne parlons pas de Black N’ Blue, Hurricane, Wrathchild, au moins pour me faire plaisir) que ceux de la vague suivante, en effet, à partir de 1987, le marché va se saturer et plus beaucoup de groupes n’auront pas un succès et une renommée aussi grande que Mötley Crüe, Poison, Dokken ou encore Ratt.

Concernant les années, 1983 marque le début du glam metal avec le premier Quiet Riot et le premier Mötley Crüe. En 1984, d’autres groupes importants sortent leurs premiers albums comme Ratt, W.A.S.P. ou Bon Jovi, ainsi que d’autres qui sortent leur premiers succès comme Twisted Sister et Dokken. En 1986, beaucoup de groupes importants apparaissent comme Tesla, Cinderella et Poison, d’autres accèdent à un succès important, comme Bon Jovi. 1987 est l’une des grandes années du hard en général. Def Leppard, Whitesnake et Guns N’ Roses sortent leurs multi-platines.

IV. La deuxième vague (1988-1992 +)


La deuxième vague quant à elle, est surtout constituée de groupes de Glam Metal plus pop, et c’est d’ailleurs durant cette période que le Glam Metal est à son apogée, du moins jusqu’en été 1991, après, c’est l’ère de Nirvana et des autres collègues de Seattle (et non rien à voir avec Queensrÿche)

Cette Ère compte quelques groupes émergeants, comme L.A. Guns et Britny Fox mais surtout de gros succès dans la lignée de 1987. Entre autres on a Long Cold Winter de Cinderella Open Up And Say…Ahh! de Poison et New Jersey de Bon Jovi.
En 1989, le genre est à son apogée avec entre autres une mégatonne de nouveaux groupes comme Skid Row, Warrant, Lord Tracy, Junkyard, Mr.Big, BulletBoys, Ennuf Z’Nuff, Danger Danger, Dangerous Toys, Pretty Boy Floyd, Bang Tango, Electric Boys, Vixen, GIANT, Babylon A.D., Gorky Park, Tora Tora, D-A-D (qui rentre dans toutes les playlist rock de Spotify alors que c’est nul), XYZ, Tigertailz (il me semble) et quelques autres qui ne me viennent pas à l’esprit (tant pis pour eux).

En 1990, on fête les premiers albums de groupes plus pop comme Slaughter, FireHouse, Trixter, cette mini-vague se prolonge en 1991 avec STEELHEART et Nelson.

En 1991, les derniers nouveaux groupes à avoir bénéficié d’un peu de succès sont Tuff (troisième dans les charts MTV après Metallica et GN’R) et les deux autres susmentionnés. Quelques-uns sont apparus, comme Shotgun Messiah mais n’ont jamais mené où que ce soit. Kurt Cobain venait de tuer le genre en sortant Nevermind, l’album le plus important de la génération à venir (sérieux, il est pas si bon que ça, Cobain semble faire un effort conscient pour être ennuyant ou irritant), tant qu’on y est, cet album est désormais cultissime et adoré de plusieurs générations d’écrivains et de journalistes rock. Il est accédé à ce statut si vite, c’est injuste, même Hysteria, New Jersey, Dr.Feelgood, Skid Row (l’album), Appetite For Destruction n’ont pas ce statut alors qu’ils ont touché autant de personnes, voire plus. C’était le même public (les puristes ne sont pas les mêmes mais les fans occasionnels sont les mêmes) qui avait acheté Nevermind et Hysteria, ou Nevermind et Appetite, ou Nevermind et New Jersey. C’est ridicule…

En 1992, certains groupes maintiennent néanmoins une certaine popularité comme Def Leppard, Bon Jovi, et FireHouse.

Sinon les derniers groupes à apparaître et à rester dans l’anonymat à vie sont Spread Eagle, Slik Toxik et Erotic Suicide.

V.Les heures sombres… (1993-1998)


Vous connaissez l’histoire, après que Kurt Cobain ait porté une jupe sur Headbanger’s Ball sur MTV (source : Fargo Rock City), l’industrie musicale autrefois tant accro au spray pour cheveux et aux claviers a brutalement changé de camp pour le nouveau découvert par les A&R men de Geffen « son de Seattle » qui représentait mieux « l’air du temps ».
Ce sera expéditif, les groupes suivaient trois démarches :

1 : ils gardaient le style Glam Metal et tombaient dans l’oubli collectif (comme KIX)

2 : ils essayaient quelque chose de nouveau et tombaient dans l’oubli collectif (comme Mötley Crüe, Poison (si on estime que le quatrième album est quelque chose de nouveau), Dangerous Toys, L.A. Guns, Bang Tango et Faster Pussycat, Def Leppard, Slaughter et quelques autres)

3 : C’était FireHouse, et ont donc gardé donc un succès modéré (avec un platine de ’92 et un or de ’95, certifiés un bon moment après, environ 5 ou 10 ans après la sortie)

Pas mal de groupes sortiront des albums dans des majors mineures mais seront généralement moins bons(comme Slaughter avec Fear No Evil), ou moins bien connus (comme Tuff et son Fist First) et n’auront pas le moindre succès en passant sous les radars de n’importe quelle personne susceptible de l’apprécier.

VI. Mais…(1999-2004)


Dés 1998-99, malgré le paysage musical qui a énormément changé depuis 1989, certains journalistes recommenceront à parler de certains vieux groupes avec entre-autres des rumeurs à propos de Ratt et de Cinderella (et de Sony music) et une tournée en 1999 avec Ratt et Great White… Disons qu’à partir de ce moment, un Hair Band n’était plus mal vu (même si beaucoup de critiques méprisent encore le genre) par l’opinion publique (en gros, les gens un peu rock).

Mais à ce stade, peu de groupes sortent des albums, certes Ratt (encore) et son album éponyme, Great White (qui n’a jamais vraiment arrêté), Mötley Crüe, L.A. Guns et quelques autres grands groupes (comme Poison) en ont sorti quelques uns mais pas de vraie vague, juste un début d’étincelle qui servira de tremplin à la vague Sleaze scandinave qui, même si elle n’a jamais bénéficié d’un succès comparable à celui du Glam Metal, elle reste respectée dans les cercles Hard Rock et Metal (mais pas extrême).

VII. Le Renouveau/la troisième vague (2005-20XX)


Le sang neuf constituant la vague Glam Metal est quasi exclusivement européen (à l’exception de Steel Panther et de Tales From The Porn, respectivement USA et Brésil) et a émergé en 2005 malgré que Hardcore Superstar était déjà actif à cette époque et avait même sorti des albums, mais ceux-ci exploraient plutôt un style pop-punk pop-rock. En 2005 sont sorti les premiers albums du Revival Glam (certes Shameless en avait sorti bien avant, mais ce n’est pas du Revival, c’est juste du Glam Metal). On a Hardcore Superstar (l’album éponyme), un peu avant en 2004, le Babylon Rockets de Gemini Five et Rest In Sleaze de Crashdïet sont les plus importants.

Par la suite, une myriade de bons albums sortiront et continueront de sortir. On peut noter quelques chefs d’œuvres tels que Metal Will Stand Tall des Poodles (2006), Take It Sleezy de Dirty Penny (2007), Sex Drugs Anarchy de Gemini Five (2008), The Art Of Telling Lies de Vains Of Jenna (2009), Hated de Sister (2009), Beg For It de Hardcore Superstar (2009), New Religion de Crazy Lixx (2010), Non-Stop Rock N’Roll de Wig Wam (2010), Spirit de Reckless Love (2013), Generation Me de The Treatment (2016), Grand Theft Culture LP (2017) du groupe du même nom (sans LP), Rust de Crashdïet (2018, No Sign Of Relief de The Cruel Intentions (2018), Ecstasy de Kissin’Dynamite (2018), Dying Breed de Blackrain (2019), H.E.A.T. II de H.E.A.T. (2020), Street Lethal de Crazy Lixx (2021), et quelques autres…

La nouvelle vague est en majorité Sleaze mais contient quand même divers groupes importants plus colorés et inoffensifs comme Crazy Lixx et Steel Panther (bon, eux sont colorés mais pas vraiment inoffensifs…). La plupart (tous) assument à 100% leurs origines et ça fait du bien.

Parfois je me dit que j’aimerais beaucoup que tout ce Hair Metal revienne sur le devant de la scène et que Mötley Crüe soit cité par tout le monde hypocritement comme une influence séminale, que Ratt et Cinderella deviennent du « classic rock »(terme qui désigne un groupe dont tous les albums ont une version super deluxe) ou encore que Skid Row soit la coqueluche de mon collège.

Mais plus j’y pense, plus je souhaite que le genre gagne juste un respect, comme en bénéficient le disco, le punk ou encore le glam rock originel de 1972. Il y a une raison simple à cela, je n’aime pas « être à la mode ». J’ai expérimenté cela pendant le dernier été, où les t-shirts KISS étaient à la mode, tout comme l’étaient en France les t-shirts The Ramones il y a quelques années. Ça m’avait particulièrement dégoûté parce que je ne considérais pas ces gens comme étant des miens, je sentais que la musique ne leur importait peu, et j’ai toujours haïs les gens qui déclaraient aimer « tous les genres de musiques » et qui voulait surtout dire qu’ils écoutaient de la pop des années 2010, « Hotel California » ou « Bohemian Rhapsody » et du rap pseudo gangsta français (qui conduit Booba a se battre dans un aéroport et aller au garde-à-vue pour la première fois de sa vie).

Pour conclure, j’adore le Glam Metal, Bonne Journée !

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