Critique de concert : KISS, ACCOR Arena 07/06/2022

Dernière tournée de KISS, mon groupe favori depuis que j’ai écouté un de leurs morceaux quand j’avais 13 ans. Il fallait absolument que j’y aille, et c’est donc comme ça que je me suis retrouvé dans la salle immense de l’ACCOR Arena de Bercy. Je suis parti relativement tôt de chez moi, accompagné par mon père (plutôt fan de Lou Reed que de KISS d’ailleurs). Trajet en métro impeccable, wagon peu bondé, mais nous n’avions même pas eu le temps de sortir de l’arrêt de métro que nous nous faisons interpeller par deux gentilshommes qui nous demandent si nous allions au concert. Nous avons commencé à discuter de concerts et j’ai notamment appris que Airbourne avait une date à Paris en automne prochain. Moment cool. Dès que je suis sorti de la station, choc : il y avait un nombre impressionnant (genre, une foule entière) de personne avec des vêtements KISS. Il y avait surtout des quadragénaires qui avaient ramené leur gosses, des quinquagénaires, et même des sexagénaires, mais en soit cela ne m’a pas étonné. Comme l’a si bien dit mon daron : « c’est pas l’endroit idéal pour rencontrer des gens de ton âge ». Nous sommes entrés, j’ai acheté un T-shirt superbe puis nous sommes montés pour nous assoir.

Photo prise pendant le remplissage de la salle, on se trouvait à quatre rangées de la fosse, plus bas, donc

Nos places étaient excellentes, nous étions proches de la scène, avec peu de monde devant nous. La première partie a commencé vers 20h-20h30, et c’était médiocre. Le guitariste semblait s’efforcer de ne pas jouer normalement, c’est-à-dire, en expérimentant comme un imbécile, ça ressemblait à Sid Vicious (je sais que c’est un bassiste, ravale ton indignation) essayant de pomper du Tom Morello, et la chanteuse était inaudible à cause du mixage. En soit ce dernier point ne m’importe pas parce que ce que j’ai écouté du groupe ne me donne pas envie d’en écouter plus. La batterie était déphasée du reste du groupe et tapait beaucoup trop fort (c’est comme si tu mettais Rick Allen avec les cinq musiciens de Death Metal). Les morceaux n’étaient ni accrocheurs, ni entraînants, ni dotés de bons riffs. Bref, c’était nul, libre à vous de me contredire. Le pire c’est que dans d’autres pays, la première partie était meilleure. Je n’aime pas les mecs en costume bleu qui sont venus proposer cette première partie.

Setlist :
– Life, Liberty, And The Poursuit Of Indian Blood
– 1984
– Hard Times
– Wanted Man
– 1968

On a ensuite attendu trois quarts d’heures, pendant lesquels une armée de roadies s’efforçait d’installer le matériel de KISS, derrière un rideau. Soudain, une voix retentit : « You wanted the best and you got the best, the hottest band in the world KISS ». Le rideau tombe et retentit le riff de « Detroit Rock City ». On voit les membres du groupes descendre du plafond sur des plateformes. Super morceau pour commencer, et la foule de 20000 personnes et moi sommes conquis, bien que ce morceau n’ait pas été le point le plus brillant, c’est un super moyen de commencer le concert. « Shout It Out Loud » lui succède, et on est déjà sur le cul, refrain simple et accrocheur, taillé pour le live. Ensuite vient l’immense « Deuce », classique formidable en live, surtout comparé à la version studio. « War Machine » lui succède, avec ce riff lourd excellent. Je ne m’attendais pas à ce que ce morceau soit joué, mais tant mieux car c’est l’un de mes favoris du groupe. Je me suis déchiré les cordes vocales à force d’hurler le refrain. Les écrans derrière montraient des vidéos de robots tueurs, et les lance-flammes du groupes crachaient autant de feu qu’à un concert de Rammstein. « Heaven’s On Fire » débute avec classe (le cri plus si aigu que ça de Paul Stanley), et c’est une tuerie, le public chantait le refrain à tue-tête et l’énergie dégagée était titanesque. Pour « Love It Loud », la foule est invitée à chanter les « hey hey hey hey yeah » le plus fort possible. Ce banger ultime, taillé pour le public était impressionnant, tout comme Gene Simmons, qui s’est mis à cracher du feu vers la fin.

Lui succède « Say Yeah », le seul morceau de Sonic Boom joué. Je vois que KISS voulait en faire un hymne pour faire participer la foule, mais c’était l’un des moments les plus faibles de ce concert légendaire. Le morceau suivant est celui qui m’a le plus impressionné, c’est « Cold Gin ». J’ai jamais été un défenseur de la version studio, que je trouve chiante, mais le rendu live était excellent. Le riff si reconnaissable était joué avec précision et lourdeur par Tommy Thayer et donnait une puissance au morceau. Gene chantait aussi de façon remarquable. Après ce morceau, vint le très attendu solo de guitare de Tommy Thayer, élégant comme à son habitude. Pendant ce solo, il va faire le classique « tir de roquettes sur des soucoupes volantes ». Des soucoupes volantes s’abaissent et des étincelles jaillissent de sa gratte. Moment épique. Ensuite, « Lick It Up ». Ce ne fut pas le moment le plus brillant mais KISS restait incroyable et c’était beaucoup de fun. Par la suite vint un grand classique, issu de mon album favori, j’ai nommé « Calling Dr. Love » ! C’était super amusant, les vocaux stupides rendaient bien et le riff excellent était toujours aussi bon. Le morceau qui m’a le plus surpris, car je ne m’y attendais pas, était « Tears Are Falling », issu de l’album Asylum. C’était bien joué, et il y avait un jeu de lumières roses qui collait bien avec le thème du morceau. Alors que l’original sonne plus comme une semi-ballade, en live, il ressemblait bien plus à un mid-tempo rock.

« Psycho Circus », l’hymne de guerre du KISS post MTV unplugged a tout déchiré, avec un groove d’enfer. J’ai adoré ce morceau, définitivement taillé et meilleur pour le live. Lui succède le magnifique solo de batterie à la double-grosse-caisse d’Eric Singer. Brillant, et même drôle, car il arrêtera pendant un moment d’utiliser les bras (se contentant de taper avec les pieds) pour s’éponger le visage avec une serviette tendue par un esclave un roadie, franchement, il doit avoir des cuisses en acier. Le solo s’est terminé avec le couplet final de « 100000 Years », un grand classique. Puis le solo de basse de Gene à commencé, avec du crachat de sang. C’était une vraie fontaine d’hémoglobine, et plus que du crachat, c’était du vomissement. « God Of Thunder » était l’un des morceaux que j’attendais le plus, et je n’ai pas été déçu, Gene est monté sur une plateforme et s’est élevé tout en haut de la scène. Moment épique.
Ensuite, le groupe a joué « Love Gun » et Paul est allé, comme à son habitude, au milieu de la fosse, en tyrolienne, comme un commando de l’armée. Il y est resté pour le prochain morceau : « I Was Made For Loving You ». Il faut dire que j’en suis venu à ne pas trop aimer la version studio, trop disco, mais en live, c’est une tuerie. Elle se mute en bombe hard rock. La foule était comme dingue, et tout le monde chantait le refrain. Paul est ensuite revenu pour interpréter « Black Diamond », chanté par notre ami Eric Singer. Bonne interprétation, pleine de vitalité. Puis le groupe est parti.

Le rappel a commencé avec Eric Singer sortant du sol, assis sur son piano, pour la tendre ballade « Beth », grand moment et toute la foule chantait les paroles. Ce morceau s’est enchaîné avec un de mes titres favoris de Destroyer : « Do You Love Me ». Super moment, et l’un des moments les plus forts du concert. Mais tout cela n’était qu’un amuse bouche par rapport au meilleur de KISS, « Rock And Roll All Nite ». C’était la folie totale. Il y avait des confettis et des ballons géants (un gars qui en avait chopé un s’était fait interviewé par BFMTV à la sortie du concert) un peu partout, ainsi que des longs rubans. Le groupe était incroyable et j’ai adoré ça. Ensuite, la classique, Paul Stanley a cassé sa guitare, d’abord, en frôlant exprès le sol, des explosions étant synchronisées pour faire du bruit et des étincelles, puis en la frappant réellement contre le sol, (même si je suspecte que ce soit une guitare trafiquée pour l’occasion car il n’a donné que deux ou trois coups), et le groupe est parti.

Les hauts parleurs ont ensuite joué « God Gave Rock And Roll To You II ». Ce concert était juste incroyable. J’étais tellement heureux de pouvoir y être allé, mais en même temps un peu mélancolique parce que je ne les verrai plus jamais, quoi qu’il arrive, c’était émouvant et exceptionnel. KISS a toujours été et sera toujours une machine de guerre live. C’était une super prestation, avec beaucoup de bons moments. J’ai vraiment adoré. Désolé, j’ai pas pris de photos, que quelques courtes vidéos. Au fait, c’était la première fois que je voyais KISS en concert (je tiens à dire, j’ai 15 ans depuis début mai).

Cet article fut originellement écrit pour HR80, allez-y !

Setlist :
– Detroit Rock City (Destroyer)
– Shout It Out Loud (Destroyer)
– Deuce (KISS)
– War Machine (Creatures Of The Night)
– Heaven’s On Fire (Animalize)
– I Love It Loud (Creatures Of The Night)
– Say Yeah (Sonic Boom)
– Cold gin/solo de guitare (KISS)
– Lick It Up (Lick It Up)
– Calling Dr. Love (Rock And Roll Over)
– Tears Are Falling (Asylum)
– Psycho Circus (Psycho Circus)
– solo de batterie/100000 Years (KISS)
– Love Gun (Love Gun)
– I Was Made For Loving You (Dynasty)
– Black Diamond (KISS)
Rappel :
– Beth (Destroyer)
– Do You Love Me (Destroyer)
– Rock And Roll All Night (Dressed To Kill)

Merci de m’avoir lu !

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